Blake, artiste replié sur lui-même, fléchit sous le poids de la célébrité, du succès et d'un sentiment d'isolement croissant. Réfugié dans une maison au milieu des bois, il tente d'échapper à sa vie, à son entourage et à ses obligations. Il regarde, écoute, et attend la délivrance.

Last days est dédié à la mémoire de Kurt Cobain, et certains éléments font directement référence à l'icône du mouvement grunge : on peut ainsi lire à la fin du film, sur l'écran de télévision, un extrait de la lettre écrite par Cobain avant de se suicider. Cependant, les personnages restent fictifs (le héros s'appelle Blake) et on n'entend pas une seule note de Nirvana dans le film, qui comprend pourtant des passages musicaux. Van Sant, qui n'a rencontré le chanteur qu'une seule fois, chez son manager, confie, à propos de son récit : "Je crois que j'ai tout inventé. On n'avait pas beaucoup d'informations, à part ce qui était paru dans la presse populaire. Certaines personnes à Portland affirmaient savoir des choses sur Kurt, mais je voulais utiliser mon imagination pour créer l'histoire de Blake (...) Quand Kurt Cobain est mort, ses derniers jours ont exercé une véritable fascination. C'est un peu comme ce que j'avais vécu pour River Phoenix [acteur décédé d'une overdose en 1993, que le cinéaste avait dirigé dans My Own Private Idaho] quelque temps auparavant. Un homme était en crise, personne ne pouvait l'aider. Où était-il ? Quels ont été ses derniers instants ?" Dans Pink, roman de Gus Van Sant publié en 1997, il était déjà question du suicide d'une rock star également nommée Blake, leader d'un groupe baptisé Speechless
